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Interview vidéo: Frédéric Ribes au Domaine le Roc à Fronton

Interview vidéo: Frédéric Ribes au Domaine le Roc à Fronton
Publié le 20 mai 2017

Voyage au cœur de Fronton, à la rencontre de Frédéric, un vigneron haut en couleur !
Par Romain Blanc Votre Sommelier conseil
Interview vidéo: Frédéric Ribes au Domaine le Roc à Fronton

 

Interview – Romain Blanc & Frédéric Ribes au Domaine le Roc, à Fronton (Haute Garonne)

Pour ceux qui préfèrent la lecture, voici la retranscription de mon interview avec Frédéric Ribes ci-dessous :

Romain : Bonjour, donc aujourd’hui on est à Fronton avec Frédéric Ribes du domaine le Roc, à Fronton, qui va nous parler un petit peu de sa propriété et de son parcours éventuellement.

Frédéric : Bonjour Romain, oui nous sommes vignerons à Fronton au Domaine du Roc. On est quatre associés. Je suis avec mon épouse Katy, mon frère Jean-Luc, et un ami Pierre. On a créé ce chai en 1989. Auparavant, c’était la propriété familiale qui venait de mon père et mon père était coopérateur. Mais c’est nous, qui avons créé le chai   à partir de 1989, et la clientèle. Aujourd’hui, on a 22 hectares de vignes, on fait des vins, alors soit des 100 % Négrette style Folle Noire d’Ambat, ce sont des rosés qui sont intéressants à Fronton parce qu’on a les cépages, le côté aromatique de la Négrette est assez intéressant complété avec la Syrah. D’autres cuvées Classiques comme Don Quichotte voir des choses plus aléatoires comme le Roc’Ambulle, vin naturel à base de Négrette.

Romain : Ou la Syrah aussi ?

Frédéric : Oui, la Syrah, vendangée en Août. Celles-ci sont des cuvées un peu plus confidentielles, mais auxquelles j’accorde beaucoup d’importance. J’aime bien, parce que ces appellations sont très importantes et comme tous les vignerons créer des petites spécificités.

Romain : Un peu le blanc aussi ?

Frédéric : Ah oui ! J’oubliais le blanc. Il n’y a pas d’appellation Blanc à fronton.

Romain : En vin de France ?

Frédéric : Oui, en vin de France. Il y avait avant des blancs, lorsque nous étions en VDQS (Appellation d’Origine Vin délimité de Qualité supérieure avant de passer en appellation, il y avait des blancs mais à la faveur du passage à l’appellation, c’était en 1975. Le blanc n’a pas été repris dans les textes, donc on l’a perdu. Je pense qu’il faudra s’en occuper parce qu’il y a quand même une identité des blancs à fronton, qu’il faudrait qu’on travaille.

Romain : Tu travailles au moins 4 cépages de blanc c’est ça ?

Frédéric : Oui, sur ce blanc-là. Chardonnay, Muscadelle, Sémillon, Viognier. Sémillon et muscadelle sont des cépages aussi de la région, on peut dire que le Chardonnay et le Viognier sont des cépages exogènes. Nous travaillons au niveau de l’appellation pour inscrire un cépage qui c’était perdu. On est en train d’inscrire ce cépage au catalogue et je pense, on fonde pas mal d’espoir sur ce cépage qui est très très bien adapté à notre sol.

Romain : D’accord, donc nous, on attache beaucoup d’importance à la philosophie, la manière de penser, la biodynamie, les vins naturels. Toi tu te positionnes, on en a parlé tout à l’heure, mais on peut peut-être en parler devant les personnes. Ta position là-dessus c’est ?

Frédéric : Nous, pour résumer on a commencé l’enherbement des vignes en 1982, alors que mon père était coopérateur.

Romain : Vous étiez précurseur ?

Frédéric : On était un peu à l’envers du système. Aujourd’hui, le cahier des charges, les labels…

La philosophie biologie va dans le bon sens. Ce que l’on peut regretter c’est, aujourd’hui, la contrainte administrative qui est avec. Après il faut que cela aille dans le bon sens. Il faut que tous les vins, qu’ils soient bio ou pas bio soient sains. C’est ça le plus important. Après bio / biodynamisme, je pense que les gens qui ont cette philosophie, c’est très bien. En ce qui concerne la biodynamie,  si on devait le faire complètement sur les grandes surfaces etc, c’est très compliqué. Sur les petits espaces, c’est réalisable. J’écoute, j’essaie de voir ce qui se fait, il y a des principes intéressants, par contre je ne suis pas prêt à passer en totale biodynamie, car les contraintes de calendrier, de faire des actions au bon moment ça paraît assez compliqué sur les 22 hectares.

Romain : Tu préfères aussi avoir tes libertés en manière de travail?

Frédéric : Je fais des vins, qui ne sont pas très cher, assez modeste, en termes de prix, je ne peux pas mettre des moyens humains énormes. Pour quelqu’un, est-ce que c’est que du marketing, je ne sais pas.

Romain : On travaille déjà très sainement, on peut discuter, c’est déjà très très propre quoi.

Frédéric : C’est la base. Je crois que, hélas on est rendu, à un moment donné dans l’agriculture, où il y a des gens qui ne mange pas ce qu’ils produisent parce qu’ils s’en méfient, et là c’est grave. Il ne faut pas aller bien plus loin, quand qu’on en arrive là, c’est fichu : on ne peut pas transmettre à tes gamins, parce que tu n’y crois pas, parce que tu as  conscience de ça, donc tu es dans une impasse assurée, et c’est ce qui arrive aujourd’hui à une partie de l’agriculture. Bio très bien, cahier des charges, Ecocert qui font du fric… C’est toujours pareil : quand il y a une mode, il y a des gens qui s’y engouffrent pour faire ça, jusqu’à un bon moment.

Je pense qu’aujourd’hui il faut appeler à ce que toute agriculture soit saine, avec peut-être des molécules de synthèse fabriquées etc., mais SAINES. La médecine, l’homéopathie, c’est bien : l’allopathie rend des services.

Romain : L’allopathie ?

Frédéric : L’allopathie c’est le contraire de l’homéopathie : ce sont des médicaments qui ne sont pas fabriqués sous le même principe. Lorsque j’ai une septicémie, donc une infection grave, il me faut des antibiotiques. Lorsque j’ai un rhume, une allergie, il me faut des méthodes homéopathiques, il faut s’adapter au contexte. Mais tout l’un où tout l’autre cela ne fonctionne pas. On évolue, notre société évolue, il faut se servir quand même des avancées intellectuelles, des avancées de la science. Ça me gêne de tout rejeter parce que c’est fabriqué par l’homme. La nature est magnifique, la nature rend de très grands services mais la nature ne résout pas tout quand on est homme, sinon il faut que l’homme disparaisse de la nature pour que ce soit réellement équilibré. Autrement l’état de la nature c’est sa maison puisque l’homme, depuis qu’il est homme, il ne fait que modifier la nature.

Romain : C’est vrai. Merci Frédéric. On déguste la folle noire D’Ambat 2015.

Merci encore Frédéric !

Cliquez sur le lien pour voir tous les vins du Domaine Le Roc !
http://www.nature-et-vins.fr/vins/domaines/domaine-le-roc-jean-luc-ribes

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